Le 30 avril 2025, la Commission européenne a publié une évaluation intermédiaire d’Horizon Europe, le programme de recherche et d’innovation pour 2021–2027.

Ce rapport synthétise les progrès réalisés et les défis rencontrés, et a été discuté lors du Conseil Compétitivité (Recherche) du 23 mai 2025, où les ministres ont envisagé des ajustements pour la suite du programme et amorcé la réflexion sur le futur FP10 prévu en 2028.

 

Une évaluation pilotée par la Commission et nourrie de sources multiples

Réalisée par les services de la Commission européenne, cette évaluation intermédiaire repose sur des données quantitatives, des études de cas, des consultations de parties prenantes et les résultats du rapport de suivi biennal (Biennial Monitoring Report). Elle examine tant la performance globale du programme que celle de ses composantes stratégiques : excellence scientifique, soutien à l’innovation, partenariats européens, missions, dimension internationale et gouvernance.

 

Un bilan globalement positif et un effet de levier confirmé

Trois ans après son lancement, Horizon Europe affiche des résultats encourageants. Plus de 15 000 projets ont été financés pour un montant de 43 milliards d’euros. La Commission estime que chaque euro investi pourrait générer jusqu’à 11 euros de PIB supplémentaire d’ici 2045. L’impact sociétal est lui aussi confirmé : dans les domaines de la santé, du climat, de la sécurité ou encore du numérique, les projets soutenus témoignent d’avancées tangibles, souvent issues de collaborations transnationales et multidisciplinaires.

 

Le Conseil européen de la recherche (ERC) se distingue à nouveau par son efficacité, avec plus de 80 % des projets ayant conduit à des percées scientifiques. Le Conseil européen de l’innovation (EIC), de son côté, joue pleinement son rôle de catalyseur du deep tech, en soutenant plus de 700 start-ups et PME à travers des subventions et des investissements en capital.

 

Le programme s’est également renforcé sur le plan de l’inclusivité. Les pays historiquement moins présents dans les consortia de recherche – les États dits « Widening » – participent désormais à 58 % des projets collaboratifs, contre 47 % sous Horizon 2020. La parité progresse également : les consortia dirigés par des femmes représentent 31 % des projets, en nette hausse par rapport aux années précédentes.

 

Des défis structurels à surmonter

Malgré ces succès, plusieurs faiblesses structurelles sont mises en évidence. La première est budgétaire. À ce jour, seuls trois projets sur dix jugés « excellents » par les experts obtiennent un financement. Cette situation soulève une question majeure d’efficacité et de compétitivité pour l’Union : combien d’innovations sont actuellement sacrifiées faute de moyens ?

 

La complexité administrative demeure un frein important, en particulier pour les PME et les nouveaux entrants. Le nombre d’appels, la diversité des instruments, la lourdeur des procédures et les exigences de suivi génèrent une charge disproportionnée. Les missions européennes, bien que prometteuses dans leur approche interdisciplinaire, souffrent d’un déficit de lisibilité et de pilotage, rendant leur évaluation et leur appropriation difficiles.

 

L’évaluation souligne également les limites de la valorisation des résultats. Le passage de la recherche au marché reste souvent laborieux, en particulier dans les universités. Un tiers seulement des inventions brevetées accèdent à une exploitation économique. Le soutien au transfert technologique et à la création de spin-offs apparaît dès lors comme une priorité stratégique.

 

Enfin, le suivi des partenariats européens est jugé hétérogène. Bien qu’ils mobilisent des cofinancements significatifs (7,2 milliards d’euros à ce jour), leur performance est difficilement mesurable en raison d’outils de reporting disparates et de données incomplètes.

 

FP10 en ligne de mire : vers un programme plus stratégique, plus lisible, mieux financé ?

Le débat ouvert par l’évaluation intermédiaire dépasse les seuls ajustements techniques. Il s’agit désormais de réfléchir aux fondations du futur programme FP10, qui devrait entrer en vigueur en 2028. Plusieurs États membres et eurodéputés appellent à doubler l’enveloppe budgétaire, avec un objectif de 200 à 220 milliards d’euros, afin de répondre aux besoins croissants de souveraineté technologique, de transition écologique et d’innovation de rupture.

La Commission reste prudente sur ces montants, mais partage la volonté d’un programme plus ciblé, plus efficace et mieux articulé avec les priorités stratégiques de l’Union. Le lien entre recherche, politique industrielle et défense, via le soutien aux technologies duales, devrait ainsi être renforcé. De même, la coordination avec les programmes de cohésion, l’agenda numérique et les investissements nationaux est appelée à s’intensifier.

 Une implication de terrain, aux côtés de ceux qui font avancer l’Europe

Dans ce contexte en constante évolution, la gestion rigoureuse des aides européennes devient un enjeu majeur pour les porteurs de projets. En tant que cabinet d’audit expert dans les fonds européens, nous accompagnons les organismes publics et privés à chaque étape de la vie de leur projet : du montage budgétaire à la justification des dépenses, en passant par le contrôle interne, la sécurisation des conventions, ou la préparation aux audits.

Mais surtout, nous avons la chance et la responsabilité de travailler quotidiennement aux côtés d’acteurs qui comptent parmi les piliers de la réussite du programme Horizon Europe. Centres de recherche, industriels stratégiques, laboratoires publics, établissements d’enseignement supérieur, industriels stratégiques… Nos clients sont au cœur de la mise en œuvre des objectifs européens, qu’il s’agisse d’innovation, de souveraineté, ou de transition.

 

C’est une fierté pour notre équipe de contribuer à ces dynamiques, concrètement, projet après projet.

 

Pauline PUONG  – Directrice de Mission                               

Richard SEURET – Chef de Mission